Indicateurs ESG : quels sont-ils et où les trouver ?.


Face aux exigences croissantes en matière de transparence et de durabilité, le reporting ESG (Environnement, Social et Gouvernance) s’impose comme un levier stratégique pour les entreprises. Mais comment structurer ce reporting et où trouver les données nécessaires ?

Le reporting ESG repose sur trois piliers — environnement, social et gouvernance — qui permettent de mesurer l’impact réel et la performance extra-financière de l’entreprise. Les indicateurs existent déjà dans l’organisation (ERP, SIRH, outils QHSE, factures, rapports internes), mais ils sont souvent dispersés, peu fiabilisés et produits manuellement. Avec la CSRD et le principe de double matérialité, les entreprises doivent désormais consolider des données ESG vérifiables, à la fois sur leurs risques financiers et leurs impacts sociétaux. L’enjeu n’est plus seulement la conformité, mais la structuration d’un reporting ESG automatisé et exploitable comme levier de pilotage et de performance.


Les trois piliers ESG : une vision globale de la performance

Le reporting extra-financier repose sur trois piliers indissociables, chacun couvrant des aspects essentiels de la responsabilité d’une entreprise :

🌍 Environnement

Impact écologique, consommation énergétique, gestion des déchets.

👥 Social

Conditions de travail, diversité, engagement des collaborateurs.

🏛️ Gouvernance

Transparence, éthique, conformité réglementaire.

Dans un monde où les parties prenantes (investisseurs, clients, partenaires) exigent des engagements concrets et mesurables, il est essentiel de collecter et d’exploiter des données fiables sur ces trois dimensions.

Selon une étude BARC x Lucanet, 62 % des entreprises déclarent disposer ou prévoir de disposer d’un reporting ESG d’ici 2024, ce qui traduit une montée en puissance rapide du sujet, mais aussi une maturité encore hétérogène selon les organisations.


Pilier environnement : mesurer l’impact écologique de l’entreprise

Le pilier environnemental concerne toutes les informations liées à l’empreinte écologique de l’entreprise, notamment sa consommation de ressources naturelles, ses émissions de gaz à effet de serre et sa gestion des déchets.

L’objectif est d’évaluer et de réduire les impacts environnementaux en mettant en place des stratégies d’optimisation et de transition vers des pratiques plus durables.

Pourquoi ces indicateurs sont essentiels ?

Ils permettent aux entreprises de suivre leurs engagements de réduction des émissions carbone, d’optimisation des ressources et de mise en conformité avec les réglementations environnementales. Plus pragmatiquement, le suivi de ces KPI peut également permettre de réaliser des économies sur des postes de dépenses peu monitorés.

Exemples d’indicateurs Où les trouver Interlocuteur
Consommation d’énergie (électricité, gaz, carburant) Factures fournisseurs, ERP, logiciels de gestion des bâtiments (BMS) Services Généraux, Service Achats
Émissions de gaz à effet de serre (CO₂ – Scopes 1, 2 et 3) Bilan carbone (prestataire externe), logiciels de gestion environnementale Responsable HSE, Service RSE
Taux de recyclage des déchets et volume total généré Logiciels de gestion des déchets, ERP Responsable Environnement, Service Achats
Consommation d’eau (m³) et ratio par unité produite Factures fournisseurs, ERP Services Généraux, Responsable HSE
Empreinte carbone du transport et logistique Logiciel de gestion de flotte, ERP, données transporteurs Responsable Logistique, Responsable Environnement

Pilier social : piloter les conditions de travail et l’engagement des collaborateurs

Le pilier social évalue l’impact de l’entreprise sur ses collaborateurs et la société au sens large. Il couvre des aspects clés tels que les conditions de travail, la diversité, la formation et la santé des employés.

Un bon suivi des indicateurs sociaux permet d’anticiper les risques sociaux, de renforcer l’engagement des salariés et d’améliorer l’attractivité de l’entreprise.

Pourquoi ces indicateurs sont essentiels ?

Ils permettent de suivre l’évolution des conditions de travail et de la diversité, tout en identifiant les axes d’amélioration pour favoriser le bien-être et la rétention des talents.

Exemples d’indicateurs Où les trouver Interlocuteur
Effectif total et répartition par genre (%) SIRH, rapports RH DRH
Taux d’absentéisme (%) et nombre moyen de jours d’absence Logiciels de gestion des temps, SIRH DRH, Responsable QHSE
Nombre d’accidents du travail (fréquence et gravité) Outils QHSE (Enablon, Quentic), SIRH Responsable QHSE, DRH
Taux de formation des collaborateurs (%) ERP, SIRH, suivi des budgets formation Service Formation, DRH
Écart de rémunération hommes/femmes (%) Rapports RH, SIRH DRH
Taux d’engagement des employés Enquêtes internes, baromètres RH DRH, Responsable RSE

Pilier gouvernance : garantir la transparence et l’éthique d’entreprise

Le pilier gouvernance mesure la qualité de la gestion et de la transparence de l’entreprise. Il englobe la structure du Conseil d’Administration, les pratiques éthiques, la gestion des risques et la conformité réglementaire.

Un bon pilotage des indicateurs de gouvernance permet de renforcer la confiance des investisseurs, des clients et des collaborateurs.

La montée en puissance du reporting ESG est également portée par la finance : la France compte près de 940 fonds labellisés ISR en 2025, contre moins de 100 en 2017, illustrant l’intégration croissante des critères ESG dans les décisions d’investissement.

Pourquoi ces indicateurs sont essentiels ?

Ils permettent de garantir une gestion responsable et transparente, réduisant ainsi les risques juridiques et améliorant la réputation de l’entreprise.

Exemples d’indicateurs Où les trouver Interlocuteur
Part des femmes au Conseil d’Administration (%) Rapports annuels, documents juridiques Direction Générale, Secrétariat Général
Nombre d’administrateurs indépendants (%) Statuts de l’entreprise, rapports financiers Secrétariat Général, Conseil d’Administration
Nombre d’incidents de non-conformité signalés Logiciels de gestion des risques et conformité (SAP GRC, LexisNexis) Responsable Conformité, Direction Juridique
Existence d’une politique anti-corruption Manuel de conformité, charte éthique Responsable RSE, Responsable Conformité
Nombre de formations sur la conformité et l’éthique SIRH, rapports internes DRH, Responsable Conformité
Score de transparence et de gouvernance (notation ESG) Agences de notation extra-financière, rapports internes Direction Financière, Responsable RSE

Le principe de double matérialité

C’est un principe central de la directive qui exige que les entreprises analysent leurs données ESG sous deux perspectives complémentaires :

Matérialité financière
Comment les facteurs ESG influencent l’entreprise ?

  • Les nouvelles régulations sur le carbone augmentent les coûts de production.
  • La mauvaise gestion de la diversité peut nuire à la réputation et affecter l’attractivité RH.
  • Les risques climatiques (inondations, sécheresses) perturbent les chaînes d’approvisionnement.

Matérialité d’impact
Comment l’entreprise influence l’environnement et la société ?

  • L’entreprise émet-elle des gaz à effet de serre en quantité significative ?
  • Sa politique de rémunération favorise-t-elle l’égalité hommes-femmes ?
  • L’entreprise impacte-t-elle la biodiversité par l’usage de ses matières premières ?

Pourquoi est-ce un changement clé avec la CSRD ?

Contrairement aux anciennes normes (DPEF, NFRD), la CSRD impose aux entreprises de considérer ces deux dimensions et de justifier leur impact ESG avec des données consolidées et vérifiables, sous peine de non-conformité.


Les défis liés à la production de ces indicateurs

D’après une analyse menée par EY, de nombreuses entreprises françaises font face à des freins organisationnels et techniques majeurs pour répondre aux exigences de la CSRD, en particulier sur la collecte, la fiabilité et la consolidation des indicateurs ESG.

Mettre en place un reporting ESG efficace nécessite de surmonter plusieurs obstacles :

Des données dispersées dans différents outils et services : Les informations sont fragmentées entre ERP, SIRH, fichiers Excel et prestataires externes.

Des processus manuels chronophages et sources d’erreurs : Les extractions, copier-coller et consolidations manuelles ralentissent la production des rapports.

Une traçabilité et une fiabilité des données difficiles à garantir : Sans outil structuré, il est complexe d’assurer la conformité et de détecter les incohérences.

Une réglementation en constante évolution : La CSRD, la taxonomie verte et les exigences des investisseurs nécessitent des mises à jour régulières des reportings.


Structurer ses indicateurs ESG pour en faire un levier de performance

Si la réglementation impose un cadre strict, elle offre aussi une opportunité de structurer une démarche bénéfique pour l’entreprise. En maîtrisant ses indicateurs ESG, une entreprise renforce sa transparence, son attractivité et sa compétitivité.

La clé ? S’équiper d’un outil capable d’automatiser la collecte et la consolidation des données ESG, pour un reporting fiable, conforme et actionnable.

Et vous, où en êtes-vous dans votre reporting ESG ?

FAQ – Indicateurs ESG.

Un indicateur ESG est une donnée mesurable permettant d’évaluer la performance extra-financière d’une entreprise sur les plans environnemental, social ou de gouvernance. Il sert à objectiver les engagements RSE, répondre aux exigences réglementaires (notamment la CSRD) et éclairer les décisions des dirigeants et des parties prenantes.

Les données ESG sont majoritairement déjà disponibles dans l’entreprise : ERP (énergie, achats, production), SIRH (effectifs, absentéisme, formation), outils QHSE ou RSE, factures fournisseurs, rapports internes ou prestataires externes (bilan carbone, audits). Le principal enjeu réside dans leur centralisation et leur fiabilisation.

La CSRD impose le principe de double matérialité : analyser à la fois l’impact des enjeux ESG sur la performance financière de l’entreprise et l’impact de l’entreprise sur son environnement et la société. Cela nécessite des indicateurs structurés, traçables et audités, et pousse les entreprises à passer d’un reporting déclaratif à un pilotage ESG outillé et automatisé.